La Folle journée de Saint Germain

 

 

 

Nous nous sommes retrouvés un bon nombre de 7 à 77 ans en ce 5 septembre 2009, heureux de ces retrouvailles en cette rentrée, regrettant cependant quelques absents !

Le décor est planté: nous sommes sur le plateau surplombant la vallée, au loin Chinon, la Loire, la Vienne et sous nos yeux une belle allée de platanes et une demeure comme on aimait en bâtir au XIX°S. Dès l’allée une façade de tuffeau sculpté dans le goût de la renaissance s’impose à nous. L’endroit ne manque pas de charme et semble en dehors du temps. L’équipe qui a organisé cette sortie nous ravie déjà les yeux. Nous sommes chez le Comte et la Comtesse du Petit-Thouars, malheureusement absents et excusés par Édouard Delapalme et Michel Pinar …nos hôtes pour l’occasion et vignerons du cru !

Dès le débarquement des chevaux, l’ambiance donne le ton de la journée : franche et détendue,   chacun se prépare pour le départ,….déjà ….un peu de retard sur le programme !

Cette idée de nous retrouver pour une belle sortie d’une journée au moins une fois par an, initiée il y a maintenant trois ans, est, il est vrai une bonne idée…Enfin prendre du temps pour nous retrouver en dehors de l’effervescence de la compétition !

Unfortunatly comme disent nos amis anglais, pas assez de place dans les voitures et les cavaliers ne veulent rien savoir….pas de   passager en croupe !  Heureusement quelques courageux sont venus avec des vélos, les autres sportifs suivront en « quatre roues essence »

Le convoi s’ébranle et déjà s’éparpille entre ceux qui démarrent sur les « chapeaux de roues » et les distraits qui ayant oublié le principal : le guidon ! doivent faire un rapide aller-retour à la maison !

C’est presque une expédition et les maîtres de cérémonie : les Sieurs Jacky et J-François » suivent par sécurité en « quatre roues motrices » jetant un œil et le bon sur la troupe…perdre un bénévole jamais !

Le circuit offre des points de vue variés et pour certains spectaculaires avec un champ de vision à 180°, le soleil est là, le fléchage parfait, pas trop de trafic sur les tronçons goudronnés …
Elle n’est pas belle la vie !  A tel point qu’un attelage … et pourtant des plus talentueux,  pour ne pas le nommer ! S’offrira le luxe de tours et détours dans la verte campagne, comme enivré par l’odeur du grand large, avant de retrouver le droit chemin de ST Germain !

Nous arrivons à Lerné, capitale Rabelaisienne, comme s’il était besoin de le rappeler, le nom même sonne comme une fouace locale ! C’est chez François et Catherine de Soyres, au château de Chavigny, que nous allons faire halte. Nous avons eu l’aimable autorisation de traverser leur propriété pour nous éviter trop de goudron. Là encore, magie du lieu ! Un grand bâtiment pour l’heure inhabité, nous attire l’œil   dès l’entrée par ses cheminées et fenêtres sculptées, témoin d’une grande splendeur par le passé. Face à nous des granges et écuries aux pentes de toits vertigineuses et une curieuse cour pavée en croix comme dans un cloître …

Le maître et la maîtresse des lieux nous accueillent, hospitalité simple mais très chaleureuse, pause café ou « autres liquides délicats des environs » gourmandises salées et sucrées dont des spécialités locales : le sacristain et la fouée de Lerné ; les étourdis sans matériel du début, rattraperont assez bien leur retard mais malheureusement pour eux, … pas assez … et des Sacristains ne trouveront que des miettes !

Sans oublier eau fraîche à volonté et belles pommes   pour nos fidèles destriers !

Halte qu’il nous faut pourtant rompre pour nous diriger vers Seuilly et son impressionnant château fortifié  Latécoère. Au loin la Devinière, nous nous attendons à voir surgir Pantagruel ou Gargantua dévalant la colline ! Puis ce sont les coteaux de Thizay et ses chemins variés où un infortuné cycliste  y laissera ses dernières velléités de rallier le Petit-Thouars sur ses deux roues !  Même l’Allemagne et l’Italie qui sont de la partie (par la présence de deux jeunes filles, scolarisées pour l’année à ST LOUIS de Saumur) ne lâchent pas prise et découvrent qu’en Saumurois ….ça ne rigole pas le week-end !

Au loin déjà St Germain et le château du Petit-Thouars …la deuxième pause ayant été « zappée » pour cause de grand retard sur le planning ! Là, à notre arrivée, comme par magie (ou plus sûrement les bienfaits de la Fée Thérèse ! notre Fée des bénévoles pendant l’international) dans l’allée des platanes… se dresse une belle tablée de plus de vingt mètres ! Les joyeuses libations dignes de Rabelais peuvent commencer avec les déclamations de Frère Jean des Entommeurs, dépêché à ce banquet sous les traits d’Édouard … malheureusement sans sa robe de bure !  

Voici le discours d'Édouard emprunté à François Rabelais :

«Bonnes gens, Buveurs très illustres, et vous goutteux très précieux...
C’est belle chose que de voir clarté du vin et des écus au soleil.

Vous de même n’êtes pas jeunes, ce qui est qualité nécessaire pour philosopher en vin, mais non en vain, mais plus que physiquement, et faire partie désormais du conseil bachique, pour opiner en chopinant à propos de la substance, de la couleur, de l’odeur, de l’excellence, de l’éminence, de la propriété, de la faculté, de la vertu, de l’effet et de la dignité du pot très saint, du pot très aimé.

Sus à ce vin ! Compaignons ! Enfants, beuvez à pleins godets ! Si bon ne vous semble, laissez-le ! Je ne suis pas de ces importuns siffles-chopes, qui par le force, par l’outrage et la violence, contraignent les amis bidasses à trinquer, et même à faire cul sec, ce qui est pire !

Que tout honnête Buveur, tout honnête Goutteux, altérés qu’ils sont lorsqu’ils viennent à ce mien tonneau, s’ils ne le désirent pas, ne boivent pas; s’ils le désirent, et si le vin plait au goût de la seigneurie de leurs seigneuries qu’ils boivent franchement, librement, hardiment, sans rien payer, et ne s’en privent pas. Telle est ma décision.»

Président et vice-présidents, gentils membres et convives se régalent ensuite des  mets et vins exquis de nos amis Édouard et Michel.

Nous n’avons pas pour autant oublié nos chevaux, tranquillement installés eux aussi sous les platanes avec eau et picotin.

L’après-midi déjà bien entamé se poursuivra jusqu'à la soirée, sous ces charmants hospices !

Amis meneurs, cavaliers, cyclistes  à l’année prochaine pour de nouvelles aventures………………

                                                                                                                                                NGDLJ

 

 

 

 

Photos de cette journée